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Les rois de Petite Arménie ou Cilicie

LE ROYAUME ARMÉNIEN DE CILICIE EST FONDÉ EN JANVIER 1198, QUELQUES MOIS APRÈS CELUI DE CHYPRE.

 

Son premier roi, Léon Ier, était à l'origine un prince de la famille des Roupenides. Il avait créé une principauté arménienne en lieu et place du comté d'Edesse, un des Etats latins d'Orient fondés lors de la première croisade.

Dès son accession en 1187 à la tête de ce territoire, Léon avait procédé à une « latinisation » systématique et avait lui-même épousé une princesse franque. Ses relations avec Amaury de Lusignan, futur roi de Chypre, étaient excellentes. Tout contribuait donc à la réalisation du rêve de Léon.

 

 

Anavarza 1a

1 -Forteresse d’Anavarza

Forteresses Korykos et Kizkalesi 1a

2 -Forteresse maritime de Kyrénia

Après son couronnement, Léon poursuivit et amplifia sa politique latine : il confia à certains Francs des postes de responsabilité, ainsi que plusieurs places fortes aux Hospitaliers et ouvrit le commerce aux marchands européens. Après avoir répudié son épouse, Léon, alors âgé d'au moins soixante ans, se remaria pour des raisons notamment stratégiques avec Sibylle, fille du défunt roi de Chypre Amaury, et âgée... d'environ dix ans !

 

Cette union marqua le début des longues relations politiques et matrimoniales entre les maisons royales de Chypre et d'Arménie.

 

 

Par la suite, le royaume de Petite-Arménie connut un brillant règne sous Héthoum Ier (1226-1269), célèbre pour son audacieuse alliance avec les Mongols ; mais par la suite, et surtout à partir de 1266, la Cilicie ne cessa de perdre des territoires face aux Mamelouks venus d'Egypte et de Syrie.

Ce déclin devint inéluctable jusqu'à la chute officielle du royaume en 1375.

 

 

En 1329, le roi de Petite-Arménie Léon IV se remaria avec Constance d'Aragon, veuve du roi de Chypre Henri II. Cette dernière accentua la latinisation du royaume recentré autour de sa capitale, Sis.

Léon IV mourut sans héritier en 1342 et c'est l'aîné de ses cousins qui fut désigné pour lui succéder. Il s'agissait de Guy de Lusignan, de père franc et de mère arménienne, par ailleurs cousin du roi Hugues IV de Chypre.

Il faut remarquer qu'il a été couronné sous le nom arménien de Constantin II. Son règne fut court et son action très limitée ; il fut assassiné en novembre 1344.

 

 

Le roi suivant, Constantin III, qui régna de 1344 à 1362, était issu de la famille arménienne des Héthoumides, mais avait une grand-mère Lusignan.

A partir de 1360, le royaume de Petite-Arménie n'eut plus d'accès à la mer, puisque le port de Korykos s’était donné au royaume de Chypre. Les Lusignan gardent d'ailleurs cette place jusqu'en 1448 (voir les photos des vestiges des forteresses maritimes de Korykos et Kizkalesi).

 

Face à la progression des ennemis notamment mamelouks, les appels à l'aide lancés à l'Occident se multiplièrent. Ils ne furent pas entendus sauf par Pierre, alors roi de Chypre et parfois surnommé « le dernier croisé ». Celui-ci mena des expéditions éclairs contre les Turcs et se rendit en Europe pour tenter sans succès de mettre sur pied une croisade.

Ses efforts aboutirent simplement à une proposition pour devenir roi d'Arménie ; mais l'aventurier fut assassiné en 1369 par ses barons ce qui mit fin à tout espoir de création d'un royaume réunissant Chypre et l'Arménie.

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE:
MUTAFIAN (Claude), référence à compléter (A voir avec Marie-Françoise) ;
MUTAFIAN (Claude), Le royaume arménien de Cilicie, XIIème-XIVème siècle, Paris, 1993, CNRS éditions, 158 p.
Plaquette « Les Lusignan et l’Arménie » éditée par l’association « Les Lusignan et Mélusine » en 2014.
Actes du colloque « Les Lusignans et l’outre-mer », Poitiers-Lusignan, 20-24 octobre 1993, Poitiers, 1995, 323 p.

 

Les ouvrages sont consultables dans les locaux de l’association; les deux dernières références sont en vente dans les locaux de l’association « Les Lusignan et Mélusine » où l’on peut aussi visiter une exposition permanente consacrée aux « Lusignan et l’outre-mer » et réalisée en 2014.