HISTORIQUE

 

Hugues VIII de Lusignan aurait entrepris la reconstruction du château. Hugues IX le transforma en véritable forteresse à partir de 1185. Dès lors, le château occupa avec certitude la place qu’on lui connaît sur le promontoire rocheux qui domine les vallées de la Vonne et du Bourceron. On ignore totalement si des travaux furent menés par Hugues X et Isabelle d’Angoulême ce qui correspondit pourtant à l’apogée des Lusignan dans les années 1220-1230.

 

 

Après la mort d’Hugues XIII, le château passa dans le domaine royal en 1308. Il n’est pas possible, dans l’état actuel des recherches, de définir l’allure du château pour cette période.

Suite à la Guerre de Cent ans et après la capitulation tardive des Anglais à Lusignan en 1374, Jean, duc de Berry, et frère du roi Charles V, reçoit le Poitou en apanage.

Il entreprend d’importants travaux dans le château, surtout à partir de 1386, en l’embellissant de décors somptueux. Il a la bonne idée de le faire représenter sous la forme d’une miniature, dans le calendrier des Très riches heures du duc de Berry, nous laissant ainsi une image de ce qu’il était au début du XVe siècle. Après d’autres travaux, il désigne, en 1412, un capitaine pour diriger cette forteresse.

 

Théâtre des conflits de la guerre de Cent Ans, le château continue d’être entretenu régulièrement au moins jusqu’à la construction, en 1466, par la volonté de Louis XI, d’une chapelle dédiée à Saint-Michel, à côté du bâtiment dénommé le « logis de la Reine », (une console de cette chapelle détruite est visible dans un mur de la place du Gouverneur à Lusignan).

Au XVIe siècle, la forteresse a probablement fait l’objet de nouveaux aménagements, notamment un jeu de paume, car François 1er y a fait plusieurs séjours.

 

Nous avons un aperçu du château à cette époque grâce à une esquisse cavalière effectuée pendant le siège de 1574/1575. La difficile reprise de la place forte, par le duc de Montpensier pendant cet hiver 1574/1575, amène le roi Henri III, sur la demande des habitants de Poitiers, à décréter le démantèlement du site qui commence en février 1575 sous l’autorité du sieur de Chémerault ; celui-ci se servit d’ailleurs des matériaux pour ériger son propre château. Le rasement est long, comme l’illustrent les appels aux manœuvres, maçons, recouvreurs et pionniers de février 1575 à mars 1577.

 

Le 31 juillet 1621, une ordonnance royale décrète que :

« LES FORTIFICATIONS DES VILLES ET CHÂTEAUX INUTILES À LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES, ET PROPRES À SERVIR DE RETRAITE AUX PERTURBATEURS DE LA PAIX PUBLIQUE SERAIENT DANS TOUTE L’ÉTENDUE DE LA FRANCE, RASÉES ET DÉMOLIES ».

 

Les réparations de 1585 et 1615, ainsi que la tour Mélusine jusque-là épargnée « pour mémoire de ce lieu », sont vouées à la démolition complète pour les parties en élévation, sur décision de Louis XIII, datée du début de 1622, à charge au corps de ville de Poitiers de suivre le chantier.

 

En 1627, le fossé entre la ville et le château est comblé avec une partie des matériaux provenant de la démolition de ce dernier. La place du Bail en sort agrandie et l’existence de cette forteresse s’achève. Le site est définitivement aménagé en promenade sur l’initiative de l’intendant La Bourdonnaye de Blossac en 1774 qui, pour certaines parties, met le rocher à nu et, pour d’autres, recouvre les vestiges sous un mètre cinquante à deux mètres de gravats.


Les vestiges du château de Lusignan sont inscrits sur la liste supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1997.

Cette protection assure la conservation du potentiel archéologique du site pour des recherches futures. De surcroît, les Promenades recouvrent des maçonneries qui nous permettraient de mieux comprendre l’organisation du château.